
On a tendance à le penser mais, une vraie bonne correction, ce n'est certainement pas le fait qu'un correcteur vous reformule le plus de paragraphes possible.
Un correcteur doit d'abord se mettre dans votre peau, appréhender votre style et se faire une idée de votre manière d'écrire.
Toutes les fautes de langue ne sont pas forcément des fautes d'écriture. Certains auteurs écrivent comme à l'oral, d'autres introduisent une écriture familière (une pratique très en vogue de nos jours).
Il ne s'agit donc pas de faire la course à la réécriture des grands segments, aux ratures par-ci par-là. Ce n'est pas un gage de qualité.
Pour procéder à une vraie bonne correction, il suffit très souvent, voire la plupart du temps, de :
La métaphore du rasoir d'Ockham, vous connaissez ?
Quand est-ce qu'il y a besoin d'ajouter/supprimer/reformuler de gros éléments ?
Seulement quand il y a vraiment une rupture soit :
Pour le reste, un correcteur qui modifie ce qui ne devrait pas l'être, non seulement il trahit votre texte mais il vous trahit vous aussi car, en fin de compte, il pervertit votre style qui, en fait, constitue votre véritable empreinte dans le texte.
Alors j'ai un scoop pour vous sur un dernier élément :
Les points d'amélioration au niveau narratologique : ils doivent être suffisamment expliqués puis suggérés en commentaire et JAMAIS complétés par le correcteur dans le corps du texte. On n'est plus dans la rédaction là, on est dans la création. On crée des caractéristiques, on oriente une action, on crée de nouveaux décors, de nouveaux contextes...
Ainsi, si les éléments narratologiques ne sont pas bien développés, ou pas bien présentés (les personnages, le temps, l'espace, les actions), si l'incipit ou l'excipit ne sont pas assez attrayants, pas assez accrocheurs, le correcteur doit vous les signaler, vous accompagner théoriquement, mais pas les faire à votre place. Vous les complétez vous-mêmes et le correcteur doit rester à votre disposition pour relire ces compléments diégétiques jusqu'à ce qu'il vous rende un avis positif et que vous validiez aussi de votre côté toutes les corrections.
Vous imaginez, si votre livre fait un jour l'objet d'une étude, d'une recherche académique, une critique, on parlera de "votre style" de "votre écriture", alors que ce ne sont pas les vôtres ou, du moins, partiellement ? On vous posera des questions, on vous mettra en difficulté, et vous ne saurez pas quoi répondre, pas comment justifier ces passages, car ce ne sont ni vos véritables mots, ni vos véritables idées, encore moins votre véritable plume !
Alors le travail de correction, c'est d'abord rechercher et privilégier la solution la plus élégante, celle qui ne fait pas trop de détours, qui n'est pas du genre "touche-à-tout".
La vraie bonne correction est un art et une sagesse : ne corriger que ce qu'il faut, là où il faut, quand il le faut.